Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 14:13

chanson

Par Bureau de la Propagande
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 08:45
Nos camarades du Mouvement occitan populaire des amateurs de cyclisme nous prient d'insérer ce communiqué, ce à quoi nous procédons avec plaisir :

La Sainte Inquisition

En 1964, la France pédalante atteignait le firmament du bonheur vélocipédique. Dans un duel somptueux, Raymond Poulidor le preux et maitre Jacques Anquetil le magnifique s’affrontaient sur les pentes du Puy-de-Dôme. Ce magnifique tour de France fait encore se gonfler de joie le survêtement Adidas de quelques nostalgiques de cette époque légendaire. Malgré ces souvenirs imputrescibles, à jamais gravés dans le marbre de la grande histoire de l’humanité, notre passion pour le cyclisme s’est quelque peu émoussée. Les efforts des différents ministre européens de la jeunesse et des sports n'y ont rien fait.

Le cyclisme, gangrené par des sponsors anthropophages, s’égare de plus en plus vers des dérives chimiques falsifiant les résultats et tuant parfois de jeunes athlètes. L’exemple de Raymond Poulidor doit servir de référence absolue pour les coureurs cyclistes du monde entier, de Brest à Bruxelles, de Pékin à Bogota. Raymond Poulidor aimait l’école communale autant que le cyclisme, associant étude et sport, il était l’exemple parfait du sportif sain de corps et d’esprit.

A ce titre, nous tenons à promouvoir une grande croisade contre le doping et pour la promotion des produits du terroir, nécessaires adjuvants dont le glorieux champion limousin usa raisonnablement pour préparer ses grandes compétitions. Plus que jamais, la France profonde, doit, par ses vins, ses vins doux naturels, ses saines volailles, ses délicieux pâtés et son fromage de brebis, être l’exemple de la lutte contre le doping.

Depuis les fameuses affaires de doping, j’ai vu rouge, rouge comme le vin que je bois et j’ai donc fondé mon mouvement : le Mopac (Mouvement occitan populaire des amateurs de cyclisme). Pour l’instant, mon mouvement est peu connu. Mais il est actuellement un des meilleurs services secrets de lutte contre le doping.

Nous agissons dans l’ombre mais nous sommes efficaces car notre recette est simple : « Pédalez plus longtemps en roulant moins vite, les spectateurs voient mieux la course et le spectacle est meilleur ! ».

Le Languedoc-Roussillon est probablement le terroir dont surgira le futur champion cycliste 100 % pur jus, 100 % élevé au grain et nous pensons sincèrement qu’il surgira du peloton fécond de ses coteaux.

Certains coureurs se gavent de sang comme des vampires des Carpathes. Pour toutes ces raisons, quelques sportifs, artistes, intellectuels, ouvriers, artisans et paysans se sont mobilisés pour lancer le Mopac.

Un philosophe montpelliérain, membre du bureau politique, a même écrit un slogan évocateur : « Une turlute pour les flahutes, la seringue pour Belzébuth… » (le flahute est le nom du coureur flamand dans le jargon du cyclisme). En effet, selon l'éminent professeur Noel Van Sweeveld, physiologue de l’université de Wewelgem, on peut considérer la fellation comme un moyen sensible et parfaitement légal pour lutter contre le dopage et la drogue.

De même le vin doux naturel est si bon qu’il éloigne toute vélléité de destruction car il contient en plus de sa nature propre trois mots clés : vin, doux et naturel.

Si certains individus jugent bons de s’injecter du poison dans les veines dès le petit matin, d’autres préfèrent la délicate attention d’une bouche bien dessinée et notre mouvement les encourage à continuer sur le délicieux chemin de l’amour courtois.

A cet égard, parce que l’humanité pédalante doit retrouver le chemin du progrès social et de la pureté chevaleresque, si bien illustrée par Raymond Poulidor et son apôtre Raymond Delisle, nous encourageons les formes d’entrainement naturelles, héritées des traditions séculaires du bien vivre occitan.

Jeanne De Vlaeminck, une institutrice flamande de Knocke-le-Zoote et cycliste amateur à ses heures, nous aide dans notre mission. Sucion, friction et palpation sont les trois armes fatales que Dame Jeanne utilise pour amener certains coureurs à renoncer à la seringue avant de finir dingue et elle les incite à boire du vin ou du vin doux naturel.

Nous vénérons aussi Régis Ovion (champion du monde des amateurs en 1971), qui par la pureté de son style, a engendré « la Minérale Attitude », pensée subliminale alimentée par les eaux de source de montagne. Il ne négligeait pas, à l’occasion, de boire un bon verre de vin quand il avait un coup de bambou. Pour l’exemple, je peux vous dire également qu’en 1952, lorsque Rik Van Steenbergen (triple champion du monde de cyclisme sur route) préparait Paris- Roubaix, il s’entrainait 180 kilomètres par jour puis buvait un demi-litre de Maes Pils Pression avec un hareng saur fumé avant de plonger son arrière train dans une bassine d’eau glacée. Ensuite, il livrait parfois son corps, enduit d’huiles orientales délicatement parfumées, aux caresses expertes d’une masseuse balinaise du port d’Anvers en dégustant un petit verre de porto ou de vin doux. Pas le moindre suppositoire et aucune seringue n’auraient pu effleurer la superbe anatomie du grand cycliste Belge, toujours coureur cycliste à plus de 45 ans.

C’est ainsi que le sport cycliste a engendré ses plus grands champions et il est souhaitable que cette préparation physique générale redevienne la règle de base du sportif et non plus les sinistres pots ou les poches de sang draculesques dont usent et abusent les champions modernes.

« A bas Dracula, ton sang on jettera, nous les gars, on veut du vin doux, du Rivesaltes ou du Rapha! »

Nous remettons en cause certaines lois visant à limiter la consommation du vin doux naturel, qui, ne l’oublions pas, a soigné de nombreuses familles européennes, toutes générations confondues.

Il n’est plus question d’injecter des poisons dans le corps de jeunes athlètes. Il faut que leurs substances corporelles vivent et soient préservées, qu’elles retrouvent la lumière. Nous en faisons serment, devant un poster de Raymond Poulidor et un verre de vin à la main.

La drogue et les forces des ténèbres seront vaincues, grâce à notre mouvement populaire d’inspiration poulidoriste intégral (oui ça existe), grâce aussi aux coureurs cyclistes catalans polyvalents (les valeureux CCCP).

La sacro sainte devise du véritable amateur de cyclisme est et restera : «  pas de suppos, pas de traces, nez dans le guidon si vent de face, quand la fringale nous rend tocard, avec du pinard cela repart. »

Notre passion pour ce sport est immense et nous sommes certains que les efforts de tous les gens intègres aboutiront.

2010 sera l’année du Tour de France à l’eau, au vin doux et les cyclistes du monde entier redeviendront sains comme les autres travailleurs, ouvriers et paysans.

La voix de la Corrèze-du-Nord reste un phare éternel pour notre mouvement.

« Le Mopac combat l’opaque ! »
Par Bureau de la Propagande
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 17:22

Froid polaire d'une soirée de l'hiver 20XX à Bourganeuf. Dans son étroit studio mal éclairé, coincé sous les toits d'une humide maison bourganiote, Jean-Pierre Senglier est assis à son bureau composé d'une vieille planche de bois et de deux tréteaux rongés. Sur son poussif ordinateur sud-coréen bruyant comme un aspirateur, il rédige avec application un tract qui va faire du bruit. Les yeux pétillants d'éclairs de lucidité, celui qu'on surnomme déjà dans les cadres supérieurs du parti « le Lénine de la Basse Marche » invite dans cette feuille les ouvriers de l'usine Citron à se rallier à son grand appel pour la grève. La fabrique Citron et Citron Frères cie Inc. est perdue au milieu des prairies où broutent paisiblement les fiers reproducteurs bovins limousins et leurs femelles. Dans cet enfer industriel en plein paradis vert, on fabrique les sièges en formica cartonné de véhicules bas de gamme destinés aux ouvriers occidentaux qui n'ont pas les moyens de rouler « propre ».

Le tract que « tape » de ses doigts fins l'austère intellectuel rappelle les revendications fondamentales du prolétariat nord-corrézien : « Journée de 3h, tournée d'alcool de tourteau de soja obligatoire dans les chaines de montages, et défilé de jeunes kolkhoziennes de la Celmar (Coopérative Engels Lénine Marx Auclair révolutionnaire) deux fois par jour ». Jean-Pierre Senglier tremble de peur, tout à coup, devant l'audace de ce tract. Il sait que demain matin, à 4h30, quand il ira le distribuer avec Fernand Crocq, éleveur naisseur et engraisseur de beaux bébés limousins roux et acortes, dans la froide nuit campagnarde, les jeunes veaux sous la mère meugleront pour l'encourager. La froide résolution qui anime son cœur sévèrement éduqué à la rude vérité du matérialisme dialectique est légèrement désarçonnée en pensant que c'est peut-être son acte héroïque qui décidera du sort de tout le canton de Bourganeuf, la quatrième plus grande cité creusistanaise, célèbre par sa tour construite pour emprisonner le fils du Grand Turk.

Jean-Pierre Senglier, jeune diplômé de l'UFR de Coréen – option Corée du Nord, est tout à coup distrait de ces considérations historiques par la possibilité immédiate qui s'offre à lui de se servir des moyens modernes de communication pour procéder à un durcissement rapide et vivifiant de son avant-garde éclairée. D'un clic de souris, il baisse son fichier texte Openoffice, et laisse quelques instants la froide réthorique de Marx, Engels et Trotsky. Aussi sec, il ouvre une fenêtre Firefox, tape « You pron » dans Google et malgré la faute, se retrouve sur le site tant aimé, en moins de temps qu'il ne faut à Jean-Pierre Pernault pour évoquer une grève.

Bien vite l'assaillent ces remords culpabilisants que ne peut interrompre même la lecture assidue et répétée des « Principes du léninisme » de Joseph Dougachvili. Néanmoins, devant les corps chatoyants et accueillants de jeunes femmes au teint d'ébène saisies par de nobles étalons ibériques, il aperçoit vite avec satisfaction comme toutes les forces vives de son appareil d'Etat se raffermissent... et même, modestement, s'accroissent. Jean-Pierre, grand et maigre jeune homme, au visage étroit, à la calvitie déjà monacale malgré ses 25 ans, ne peut que contempler ce beau spectacle, rêvant déjà à une volupté plus matérielle. Calme et sévère, tel un Giscard-d'Estaing d'extrême gauche moyen, il se saisit d'un post-it, afin d'y placer la semence vitale que ne tardera pas à rejeter son organe central, peu de temps après qu'il aura commencer d'en agiter les cellules de base.

C'est alors que retentit la sonnerie stridente de son téléphone à cadran. Interrompu en plein acte de décontraction, Jean-Pierre Senglier approche sa main libre de l'appareil allemand et décroche le combinat téléphonique. « Salut camarade Roudoudou », entend-il prononcé par la voix si familière de sa promise, la camarade Pavlovna. La camarade Pavlovna est sa chère et tendre concubine, mère supérieure de la révolution. Elle vit recluse dans une usine de lingerie fine du Nord de la France et y donne des sermons à ses soeurs de souffrance, dans les vestiaires ou à la cantine. La jeune « régulière » lui demande : « Comment se prépare la grande opération prévue pour les aurores prolétariennes ? ». En entendant cette voix, le camarade Jean-Pierre Senglier est tout à coup transporté dans un temps historique qu'il avait complétement oublié depuis quelques instants. Le retour à la réalité est un peu difficile. Tel le Parti bolchévik abordant la contre-révolution stolypinienne après 1905, son organe central opère une diminution de ses ramifications pour se rétracter dans les touffues contrées hospitalières de l'immigration, afin de se concentrer sur le travail théorique. « Ici tout va bien, dit-il du ton transparent du bureaucrate habitué à ne faire plus qu'un avec les directives du parti. La mission sera bien effectuée. Gageons qu'il en sortira le meilleur. » Camarade Pavlovna, jeune soviétique idéaliste ne peut s'empêcher d'admirer, à des centaines de kilomètres de là, la redoutable témérité de son amant creusistanais, qui a choisi de se dresser contre la dictature du grande capital cosmopolite impénitent, et de cracher tout son venin dialectique dans la lutte pour une création vitale supérieure. « Fais attention à toi, que Marx et Engels veillent sur ta maitrise de la ligne de masse », lâche-t-elle avec tendresse avant de raccrocher et de retourner au tricotage d'un pull rouge destiné à accueillir le secrétaire général de la MSA (Masse socialiste angolaise) en exil, Luando Gaillat. Le jeune intellectuel creusistanais plein d'avenir lui certifie que toutes les précautions seront prises et raccroche sobrement.

L'audition de la voix grave de sa dulcinée a coupé à Jean-Pierre Senglier toute envie de se laisser aller à de coupables errements réactionnaires libertins. Il se remet dare-dare à son travail théorique. L'appel venu de sa chère compagne nordiste l'a remis sur le droit chemin léninien. Les rigides paroles du camarade Ostrovski, prononcées dans son fameux ouvrage « Et l'acier fut trempé », lui reviennent en mémoire. Ses paroles rappellent, en substance, que la chasteté révolutionnaire est la poutre maitresse de l'éducation d'un révolutionnaire professionnel stagiaire. Ses mauvais penchants pour les vidéos louches exhibant les ébats d'anciens miliciens serbes aux muscles saillants avec des mannequins roumains emperruquées aux seins énormes et à la taille mannequin ne sont pas acceptés dans les conciles du parti. Le vieux chef, notamment, petit vieillard tremblotant au syndrome parkinsonien avancé, et qui n'a parfois plus toute sa tête, a rappelé de sa voix nasillarde lors du dernier symposium suprême, il y a deux ans, que « face à l'attirance charnelle inévitable que provoque la vue d'un corps humain d'âge jeune ou moyen du sexe opposé, il faut répondre par l'accouplement, si possible avec des membres du parti ».

Tous les membres du parti buvaient ses paroles. Ils se sont jetés les uns sur les autres à la fin de son discours. Jean-Pierre Senglier a vu atterrir sur ses épaules une grande blonde aux cheveux courts réglementaires. Physique de rugbywoman, large main de fille de cultivateurs d'orge wallon, la camarade Pavlovna, prénommée « Titi », au sein de sa cellule de base, avait arrêté ses études de commerce par amour pour la puissance dialectique d'un jeune étudiant en Lettres croisé sur le campus de Lille. Le jeune éphèbe, prénommé Théodule au sein du parti, se faisait fort de recruter de jeunes militantes par tous les moyens. Dans son esprit, les idées, la sexualité devaient permettre de faire parvenir la camarade au point d'exaltation suffisant pour qu'elle décide de se ranger définitivement du côté des prolétaires et du communisme. Il y parvint de main de maitre avec la camarade Pavlovna, qui fut convain« cul » avec grand art. Cela remontait à quelques temps, maintenant. Désormais, quand elle voyait Théodule, elle n'avait plus qu'un vague souvenir de ses glorieux et primitifs ébats avec lui, mais plus du reste. Car depuis, Jean-Pierre Senglier, sorte de grande chouette maigre venue des contreforts du Massif central avait fait irruption dans sa vie. Elle l'avait « recruté » comme il se doit après le discours de l'ancien, et depuis, c'était son homme.

Son homme justement, n'en mène pas large. Il est là, une main sur son appareil de reproduction sociale, l'autre empoignant le combiné. Il se lève, relit une dernière fois le tract, et le jugeant bon, commence à l'imprimer. 400. Puis il va se coucher. Il va se lever tôt demain. Il faut qu'il reste en forme. En s'endormant, il rêve à de vastes prairies pentues peuplées de belles kolkhoziennes à la peau blanche et aux cheveux blonds. Elles courent nues vers lui. À leurs côtés, de belles négresses voluptueuses, à l'arrière-train enchanteur, font rebondir leur vaste poitrine en courant pour le rejoindre. Toutes arborent de vastes sourires, à la vue de son avant-garde éclairée, fermement dressée, tel le Parti du travail Nord-Coréen face aux impérialismes américains et nippons. Mais tout d'un coup, le vaste corps blond de sa bien aimée apparaît et écrase les jeunes filles presque parvenues à lui. Il se réveille brusquement en sueur. Au loin, le meuglement d'une vache à qui on a pris le petit pour en faire un beefsteak se fait entendre. La nuit sera courte.

Déjà l'aube est là. Transportons-nous dans le froid glacial d'un hiver boréal comme on en trouve seulement dans ce morceau de Corée du Nord perdu dans l'occident barbare, j'ai nommé la Corrèze du Nord (aussi appelée petite Russie par les spécialistes). Le ciel est noir. Au loin, on entend le coq gaulois qui se lève et appelle la Creuse agricole et rurale à sortir du plumard pour s'en aller nourrir la Nation. Ovins et bovins limousins proclament leur joie d'être en vie un jour de plus. Perdu dans ce sympathique vacarme campagnard, l'héroïque camarade Jean-Pierre Senglier est seul avec sa pile de tract. Fernand Crocq, le naisseur-engraisseur, a préféré renoncer, devant l'impossibilité de se lever à une heure si matinale. Mais Jean-Pierre Senglier, ce Georges-Guingouin de comédie, est là lui, devant le petit grillage qui marque l'entrée de l'infâme temple du capitalisme ouest-creusistanais : l'usine Citron. Il se sent fier et tremble pourtant. Il sait que cette place, il a lutté pour l'avoir, et qu'il revient de loin.

Jean-Pierre Senglier, marxiste en poste à Bourganeuf, a pendant longtemps connu les affres du chômage. Il a pointé comme marxiste au chômage pendant de longs mois. Son CV était pourtant ragoutant. Militant depuis douze ans à la Jeunesse communiste du Puy-en-Velay, trésorier à 13, délégué national à 14, il devient secrétaire de section du Parti à 18 ans. Hélas, à la suite d'une erreur dialectique de son chef, Norbert Woo, il est renvoyé. De l'avis unanime de ses collègues de travail, ce fut une erreur de le licencier, car c'était le plus prometteur des jeunes marxistes du Massif central. Fièrement, Jean-Pierre Senglier, tel un VGE moyen un soir de mai 1981, renonce à porter l'affaire devant le tribunal révolutionnaire. Il savait qu'au fond de lui, le tribunal, composé d'anciens bureaucrates rompus à la dialectique de comptoir, donnerait raison à Norbert Woo, le nain de jardin le plus haut placé dans l'échelon du parti.

Sans emploi, Jean-Pierre Senglier s'est donc mis à postuler. Il a composé un CV du mieux qu'il a pu. « Jeune marxiste avec références, cherche emploi dans usine comme marxiste clandestin, ou comme bureaucrate dans parti stalinien. Maitrisant parfaitement l'ABC du communisme, Que faire et l'État et la révolution, bien avancé sur Trotsky, mais encore un peu court pour ce qui est de Staline, je suis compétent pour diriger des petits groupes dans des usines de boites à cornichons ou encore dans des élevages industriels porcins. De spécialité trotskyste, je peux aussi jouer les utilités pour la gauche en général, et même diriger des fractions entristes dans les partis de gouvernement. Éligible au contrat aidé, dur au mal, peu bruyant, je ferai le bonheur de tout secrétaire ayant besoin de dynamiser la vie de sa cellule ou son stand à la fête de l'Huma. J'ajoute que je peux aussi servir les bières à la Fête de l'Huma, que j'ai une bonne mémoire pour retenir les ardoises, et que je peux moi-même terminer les fûts. Enfin, last but not least, je parle couramment Coréen, russe et Capitaliste, et mon physique avantageux de skieur de fond carélien est un plus pour les cellules qui veulent augmenter leur effectif en femmes. » Il postula à de nombreuses sections, cellules ou tendances, mais sans succès. Apparemment, son potentiel n'intéressait pas les employeurs. Le marché du marxiste était bouché. Il est vrai que c'était la crise. Des dizaines de diplômés arrivaient chaque année sur le marché... Mais les partis avaient atteint leur quota. Quand on allait le solliciter de vive voix, le secrétaire de cellule moyen, après avoir écouté le jeune exalté se vendre, lui expliquait lentement, d'un ton pénétré de sa toute-puissante sagesse : « Si tu veux venir avec nous, pourquoi pas, mais alors tu seras en stage. On te donnera des petits boulots à faire, ingrats, pas intéressants, de temps et temps. Mais tu ne seras pas rémunéré. Par contre, si tu veux donner pour éviter que le parti ferme, tu pourras. On peut plus payer, avec cette crise, on a déjà trop de personnels, il faudrait qu'on licencie même, mais c'est pas notre manière de faire, donc... ». Le jeune s'énervait et disait : « Si c'est cela, je vais créer mon propre parti, pour m'en sortir par mes propres moyens », et il repartait aigri. Mais dans le tas, combien ne faisaient finalement rien, et restaient chez leurs parents, à ne rien faire, à vivre des allocations ? Le majorité malheureusement.

Jean-Pierre Senglier connut toutes les affres intellectuelles de cette situation tragique dûe au régime de la propriété privée. Dix fois il pensa créer son parti, dix fois il y a renonça, préférant la franche et placide inactivité. Oh bien sûr, il continuait à acquérir des compétences pour un futur emploi, lisant avidement Marx, Engels et Trotsky, et travaillant sa maitrise des langues vivantes même dans l'illégalité (plus de dix verres de vodka consommés).

Et puis un jour, il vit ce poste de Bourganeuf. Il s'agissait d'un emploi de Révolutionnaire marxiste indemnisé (RMI). Le précédent titulaire, petit homme rougeaud et ventripotent à la tignasse clairsemée, avait quitté brusquement le poste. Il avait suivi une jeune étudiante tchadienne, qui était venue apprendre la technique de l'élevage bovin limousin, si reconnu dans le monde entier, avant de repartir pour les contrées arides sahariennes, où elle espérait implanter la noble race à viande. La dialectique du sobre intellectuel, fort porté sur le fruité limousin, disait-on, n'avait pas résisté au fessier et aux cuisses de la puissante négresse aux cheveux courts teints en rouge. Elle l'avait emporté dans ses bagages, folle amoureuse de sa manière de parler, si brillante, de Marx et d'Engels et des forces révolutionnaires nord-coréennes.

Il postula donc et fut embauché. Le brave recruteur le sentit tout à fait prêt à se coltiner cette réalité particulière d'une usine à la campagne. Il devait en effet concentrer tous ses efforts sur la fabrique locale, afin de la gagner aux idées communistes en vue de l'insurrection générale. Voilà pourquoi cette distribution tractibulaire était prévue en ce froid matin nord-corrézien.

Dans cette atmosphère de fin du monde, Jean-Pierre Senglier attend les premières voitures. Une première arrive. Le chauffeur mal réveillé aperçoit au milieu de la route un homme qu'il reconnaît. C'est le marxiste prolétarien, celui qui a les mains fines de l'étudiant. Il va lui prendre son tract, pour lui faire plaisir. Il s'empare de la manette qui permet de descendre la vitre, mais celle-ci est bloqué. C'est le froid qui aura tétanisé la vitre. Il passe donc à côté du jeune marxiste exalté qui le regarde les yeux exorbités en tendant un tract à la porte fermé. « Et puis il fait froid dehors, je suis mieux de ne pas avoir ouvert la fenêtre », se dit en souriant le sympathique ouvrier, dont la voix va au PS à chaque scrutin que Dieu fait.

Jean-Pierre Senglier, de froid transi, dans la nuit obscurci, attend avec impatience qu'une nouvelle voiture s'avance. Il ne sait que penser, de ce premier raté, mais déjà dans son cœur, semble poindre un malheur. Il se rappelle soudain, que sa période d'essai, n'a point encore pris fin, et qu'il peut finir viré, s'il ne distribue pas assez de tracts aux ouvriers. Mais déjà, l'espoir René arrive qui peut tout relancer. René est un vieil ouvrier, passé à la maitrise, pour son art de la traitrise. Il n'a jamais fait grève, d'un piquet n'a jamais pris la relève, et pour tous ces services, le patron, son complice, l'a nommé contremaitre, pour faire trimer les syndiqués.

René le fourbe, finira dans la tourbe, pour peu que la révolution tonne et que le prolétariat nous étonne. En attendant il triomphe et baissant sa vitre électrique, patent privilège d'indic', il arbore un sourire, tout d'ignorance et tout d'ire. « Je te ferai envoyer les flics si tu prends pas tes clacs et tes clics, espèce de lombric », dit-il à notre sémillant marxiste. Ne s'en laissant pas compter, celui-ci compte bien lui donner un tract afin de lancer la machine. Mais le manque de tact, du petit chef, qui le plante là, a raison de ses espoirs.

Doit-on te le dire, ami lecteur. Ami des masses en pleurs, qui espère la révolutionnaire lueur, chaque matin de bonne heure, avant de partir au labeur ? Personne ne lui prit son tract, à notre brave Jean-Pierre Senglier, le bougnat, il se retira tout penaud, retourna à vélo dans sa petite pièce froide, où il pleura en silence, ayant vu clairement comment étaient les circonstances.

Deux semaines plus tard, Jean-Pierre Senglier fut licencié par le parti, qui était mécontent de ses prestations. Il redevint marxiste au chômage, délaissé par les masses et par le parti. Il continua de lire les classiques du marxisme, et à regarder des vidéos sexuelles sur YouPorn. Sa compagne camarade Pavlovna le délaissa vite pour un marxiste « en confiance » qui travaillait dans la finance mais occupait ses loisirs à déclamer les travaux de Spire. Jean-Pierre Senglier n'y perdit pas au change, car il rencontra une éleveuse de poule pondeuse, une grande négresse réunionnaise, arrivée là toute petite. Il la fit bien vite roucouler, et elle lui donna une belle couvée. Depuis Jean-Pierre Senglier, dans les contrées creusistanaises, est un ami des travailleurs, il ne manque jamais d'ardeur pour soutenir leurs joies ou leurs pleurs. Mais s'il est resté un marxiste dans son âme, il est désormais sans emploi, et préfère cultiver la volaille avec sa belle, prénommée Madeleine.

 

Le professeur de Slavon laïque de l'université Maurice-Thorez de La Forge, Clugnat, Victoribus Stavrominidis Dupin

Par Bureau de la Propagande
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 12:19
Sur l'air de Pierre Bachelet, "Les Corons".

Refrain
Au Nord, c'était la Corée,
La Terre d'un peuple éclairé
En Corrèze, on a répliqué
Populaire, une république est née

Couplet
Dans les verts paturages, les scieries, les usines,
Paysannes, ouvrières, vénèrent le grand maitre Kim,
La république de Corrèze du Nord a trouvé son guide,
Les commis agricoles ne craignent plus les banquiers cupides,
Kim jong Il a nationalisé les plus solides rotules,
Son équipe de foot fait vibrer tous les natifs de Tulle,
Un nord-Coréen sur le plateau de Millevaches,
Les nords-Corréziens ont du coeur à la tâche,

Refrain
Au Nord, c'était la Corée,
La Terre d'un peuple éclairé
En Corrèze, on a répliqué
Populaire, une république est née
Par Bureau de la Propagande
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 23:53

Chronique du monde capitaliste brabare.

Correspondance depuis l'autre côté des frontières de la Corrèze du Nord.


Le Service international de recherche des aventuriers cubains (Sidrac) présente

Contes et légendes de la CUB ( communauté urbaine de Brest)

« Le fonctionnaire de la CUB est un cubain optimiste s’il est en pause ou un cubiste au turbin s’il est à l’œuvre. »

 

La conception du Cubain

 

17 Juillet 1978, la France se régale des exploits du champion cycliste Bernard Hinault, qui s’apprête à gagner son premier tour de France.

Au même moment, un sympathique fonctionnaire de la glorieuse administration de la communauté urbaine de Brest, s’apprête à réaliser son rêve, à toucher enfin le Graal après lequel il court depuis de nombreuses années.

Nous sommes à Marseille en finale du concours de pétanque du Provençal, le plus important concours de boules du monde libre, véritable hymne à la vie et à la paix.

Gilles Kérébézéon, Cubain de base, transpire légèrement, sa superbe chevelure brune le protégeant des rayons ardents de l’impitoyable soleil phocéen.

C’est le dernier point, Gilles et son équipier sont menés 12 à 11 et l’équipe adverse a le point gagnant. Le cubain se dirige lentement vers le cercle. C’est la dernière boule, les autres joueurs ont tous déjà lancé. Il émane de Gilles une telle sérénité que le public retient son souffle.

Il est réputé pour avoir la sagesse d’un bonze thaïlandais et la dextérité d’un sprinter belge. Véritable concentré d’énergie, il frotte calmement sa sphère de métal, puis dans un geste pur, fléchit légèrement les jambes. Le dos légèrement vouté, Gilles est immobile, la silhouette féline, l’œil gauche fermé, quelques rides à la Charles Bronson agrémentant son visage boucané par le mistral.

Soudain, avec la vitesse d’un tigre se jetant sur sa proie, le bras se détend, la boule fuse dans l’espace, le destin du cubain est soumis aux lois de l’attraction universelle, 700 grammes de métal pour une poignée de francs.

La sphère brillante claque dans un bruit sec, chasse deux boules de ses rivaux puis reste superbe, bloqué contre le cochonnet, en mère nourricière près de son petit.

Gilles Kérébézéon et son équipier arrachent les deux points qui les propulsent au firmament de la gloire boulistique.

Le public, d’abord médusé, puis admiratif, applaudit la victoire des deux joueurs Brestois, acquises dans la douleur devant deux redoutables pistoleros de la Canebière.

Une larme perle timidement aux yeux de Gilles, il sait, lucide, qu'il a atteint le bonheur suprême que sa vie, pour l’éternité, aura le doux parfum d’une existence pleine et réussie.

Les journalistes s’affairent, une charmante Marseillaise embrasse tendrement les deux tits-Zefs puis leur remet l’immense trophée, récompense ultime de longues années d’entrainement et de rigueur diététique. La soirée s’écoule tranquillement, agrémentée de toutes les délicieuses effluves du climat méditerranéen.

Anisette, biscuits salés, olives de Grèce, d’Italie et d’Espagne, eau des meilleures sources, les verres tintinabulent comme des perles de cristal au cou d'une belle aristocrate. Gilles déguste son troisième pastis, la chose est rare pour le sobre joueur, habituel consommateur d’eau gazeuse malgré les tentations de ses nombreux collègues de travail, plutôt portés sur les boissons fermentées.

Le vent s’est calmé sur le vieux port, l’air est doux, la nuit paisible, les yeux de Gilles se lèvent souvent vers le ciel, voilés par une indicible mélancolie.

Comment pourra-t-il ce soir reprendre le train à la gare Saint-Charles de Marseille ? Est-il raisonnable de reprendre le labeur, lundi, sous les ordres de supérieurs, souvent braves mais parfois rigoureux ?

De plus, visionnaire et réaliste, le Cubain n’ignore pas que dans l’ombre, certains individus veulent transformer la CUB et qu’un complot de certains extrémistes projette même de la rebaptiser dans le futur.

La mélancolie du cubain se transforme en colère quand il pense à son intraitable chef de bureau, le seul à ne pas adhérer à la philosophie débonnaire des maîtres fondateurs de la CUB

Ce chefaillon besogneux, descendant d’un quartier-maitre chiqueur est un adepte des méthodes d’un vieil amiral du 19ième siècle :  « une main de fer dans un gant de crin, de l’eau gazeuse aux matelots, le cubain au turbin. »

Incapable de comprendre l’admirable philosophie de la pétanque, cadeau des dieux aux simples mortels pour qu’ils oublient, sans violence et dans la détente, l’âpreté du dur combat pour la survie , ce petit chef reste un nostalgique de la Royale.

Gilles Kérébézéon se ressert un dernier pastis, largement dosé. Le breuvage rompt le fragile équilibre psychologique du pétanqueur. Il commence à caresser nonchalamment ses boules, encore fumantes de ses derniers exploits, puis les range précautionneusement dans leur petit étui de cuir.

Silencieux, il quitte discrètement le café où une foule bruyante et bigarrée vocifère gentiment puis se dirige vers les quais du grand port phocéen.

De nombreux cargos attendent leur chargement pour des destinations lointaines et le cubain se sent irrésistiblement attiré par l’un de ces navires : « Estrella Dorada ».

Le nom du vaisseau sonne comme un coup de couteau dans le cœur du Brestois. Jamais, au grand jamais, il ne franchira à nouveau les portes de son bureau. Pour toujours il décide de s’arracher à la sournoise attraction du caddy hebdomadaire et aux contraintes bureaucratiques cubaines.

Gilles grimpe les marches du bateau, pose ses chaussures de sport usés par le sable des boulodromes sur le pont du cargo et commence à héler le capitaine dans un espagnol hésitant : « Amigos, amigos !!!»

Signe du destin, une étoile filante illumine la nuit et le cubain comprend bien ce que l’astre veut dire : « Fuis, pars, cours vers des iles lointaines avant de t’éteindre anonyme dans une maison de retraite dépourvue de climatisation ».

Une partie des gains du concours de pétanque est investie dans un billet pour Puerto Cabeza, petit port sur la façade atlantique du Nicaragua. Le lendemain, l’esprit encore grisé par l’anisette, « Tit Gilles » est sur la proue, en route pour l’Amérique, cheveux au vent. Il sait que dans quelques jours, il va troquer le bob du pétanqueur professionnel contre un sombrero et des santiagos en peau de lézard.

Le 17 aout 1978, l’Estrella Dorada accoste à Puerto Cabeza. Le pays est en effervescence, c’est la révolution et le mouvement sandiniste s’apprête à arracher le pouvoir aux grandes compagnies américaines.

Encore vêtu de son survêtement Adidas, le jeune cubain se fait discret en descendant du cargo.

Sa chevelure d’ébène, ses yeux clairs le rapprochent heureusement plus d’un marin breton que d’un redoutable gringo texan et quand il pénètre dans une cantina. Au moment où le regard torride d’une serveuse se pose sur son corps musclé, il s’écrit sans une pointe d’accent : « Una cerveza por favor, senorita ». Il comprend au moment où la mousse effleure ses lèvres salées par l’océan que le monde de la pétanque a perdu un champion mais la révolution latino américaine a peut être gagné un guérillero.

Quelques temps après, Gilles Kérébézéon, le cubain voyageur, déambule dans les petites rues du port nicaraguayen et se décide à chercher un endroit ou poser son sac.

Le soleil est déjà au zénith et la soif tenaille à nouveau le Brestois. Il ne peut s’empêcher de rentrer dans une nouvelle cantina. La serveuse est indienne, lointaine descendante de l’empire maya. Le sourire de la plantureuse demoiselle trouble le cubain, pas encore remis de sa longue traversée.

La jeune femme lui suggère de boire un verre de mezcal. Cet alcool de cactus, lui dit-elle, achèvera de le tropicaliser. Le joueur de boule se laisse tenter par le breuvage mystique et avale d’un trait une longue rasade de la boisson fermentée.

L’effet est immédiat, surprenant et redoutable. L’étoffe acrylique du pantalon de survêtement bleu aux 3 bandes se gonfle superbement comme la grande voile d’un fier galion. Le cubain, d’ordinaire paisible, se retrouve confronté à une impressionnante crise de priapisme. Croyant bien faire, il recommande un verre de mezcal, légèrement agrémenté d’eau gazeuse. Malheureusement les bulles minéralières confortent le phénomène, l’amplifiant même à la limite du raisonnable.

Gilles Kérébézéon, en proie au tourment, hésite un instant puis décide d’assumer pleinement le brutal soubresaut de son anatomie, jusqu’alors engourdie par un travail usant et répétitif. Il se recule légèrement du comptoir, heureusement désert de la petite cantina et susurre à la serveuse dans un espagnol des plus purs : « Que pasa senorita ! ».

La jeune indienne comtemple le pantalon Adidas avec jubilation. Pour elle, c’est sûr, les dieux mayas lui envoie le messie océanoboulistique. En effet, le Brestois, toujours fier de son succès dans le monde de la pétanque, avait nonchalamment déposé sur une table ces trois boules superbement lustrées.

La serveuse comtemple Gilles, le survêtement tendu comme une tente de boy scout, tout en attardant son regard sur l’étui de cuir contenant les sphères d’acier poli.

Pour elle, jusqu’alors stérile et dont le ventre reste glacé comme un frigidaire malgré les louables efforts de ses nombreux congénères, l’homme providentiel est enfin arrivé dans sa triste existence.

Elle n’hésite pas une seconde et propose au jeune cubain de l’accompagner dans la bananeraie paternelle au pied de la Sierra Madre. Elle argumente ses propos en décrivant de ses mains potelées comment elle augmente la qualité de ses bananes par des rites ancestraux.

Tit Gilles, troublé mais confiant, se laisse attendrir et accepte, un sourire angélique sur le visage, d’accompagner la jeune indienne.

Pendant deux longues heures le pétanqueur attend que la serveuse finisse son travail, sirotant du mescal en astiquant ses boules. A 20 heures, enfin, ils se dirigent vers un arrêt d’autobus où un vieux véhicule va les conduire cahotant vers les premiers contreforts de la Sierra Madre. L’air est beaucoup plus frais mais n’altère en rien l’impressionnante raideur du jeune cubain.

Après avoir dégusté un plein régime de bananes, Gilles, le corps éprouvé et l’esprit enfiévré, s’inquiète quelque peu de la soirée à venir. Le doute sera bref car à peine la dernière banane est-elle avalée que Pepita, comme se prénomme la jeune Indienne, suggère au cubain de quitter son précieux survêtement Adidas 100% acrylique, sous le délicieux prétexte de laver ce linge fatigué par un si long voyage.

L’étreinte du bouliste et de la belle descendante des dynasties mayas ne s’achèvera qu’au matin, dans un râle ultime, cri de pétanqueur après le carreau du siècle, joie de femme heureuse après une nuit d’extase.

Si je me suis permis, avec tact et tendresse de vous livrer cette fable pour « Tit Jean de la Source », c’est parce que 9 mois plus tard naissait Roberta Guimanchou.

Cette métis nicarocubaine mais carrément chicos va disputer prochainement le très sérieux championnat du monde de pétanque féminin, représentant avec fierté la république du Nicaragua.

Agée de 24 ans, entrainée par son père dès sa plus tendre enfance, elle déguste le vin rouge avec l’ardeur d’un paysan, tire matin et soir comme un pistolero, se régale de charcuterie comme un « pen-sardines » et mérite largement son surnom : « El Conception del Cubo ».

Son corsage a l’impressionnante ampleur d’une sportive de haut niveau.

J’ ajouterais, avec tout le respect dû au grand sportif cubain, toujours prompt à faire fuser ses boules, qu’il existe un musée Gilles Kérébézéon dans un petit village au pied de la Sierra Madre.

Au rez-de-chaussée d’une grande hacienda est exposé le précieux survêtement Adidas bleu et régulièrement de jeunes vierges nicaraguayennes viennent caresser avec ferveur les trois bandes du précieux vêtement. Garante de santé et de fécondité, la précieuse étoffe n’a rien perdu de son charme, régulirement entretenue par Pepita.

Le Brestois de naissance, cubain de profession et nicaraguayen d’adoption déambule bien souvent en santiagos dans les ruelles, superbement coiffé d’un sombrero et la barbe rase, façon Clint Eastwood.

L’étui contenant les trois boules d’acier usé  dans la main gauche, la droite toujours libre, il salue cette population latino-américaine qui le vénère autant que Che Guevara, Zappatta ou le commandant Marcos.

Lucide, Gilles a tiré une morale de son aventure : « Du mezcal à l’escale, le cubain a le gourdin ».

Par Bureau de la Propagande
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  • : La Corrèze du Nord est un Etat comprenant la Corrèze du Nord proprement dite, avec au Nord le Creusistan, et à l'ouest le Guingouistan. C'est un état d'un type nouveau, perdant en permanence sa qualité d'état. Ce blog est là pour présenter la destinée de cette région merveilleuse, peuplée de travailleurs révolutionnaires armés, de paysans pauvres prêts à embrocher les quelques koulaks et moyens bourgeois qui restent.
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